7- la vallée de Barèges ou pays Toy

Les villages, leurs églises et leurs chapelles :

Barèges 

Barèges n’était qu’un lieu-dit qui dépendait de la commune de Betpouey. Il y avait au XVIème siècle, une chapelle « Santa Magdalena deth banh » restaurée en 1600. Elle était située à proximité de l’établissement thermal et la décision de démolition sera prise en 1845.
Au XVIIIème siècle, il est fait état d’une autre chapelle annexée à la « caserne » à l’usage exclusif des officiers et soldats malades.

L’église actuelle fut construite en 1846 sur un terrain acquis par la vallée ; dévastée par un incendie, elle sera remise en l’état actuel au début du XXème siècle.
Sans intérêt architecturale particulier, elle a le mérite d’être située au cœur du bourg.
A signaler, au fond de l’église, le bénitier qui provient du prieuré Saint Justin.

Promontoire et croix de Saint Justin

C’est là que serait situé l’ermitage et le tombeau de Justin, premier évangélisateur de la vallée au IVème siècle. Un prieuré avec sa chapelle y avait été édifiés, restaurés au XVIème siècle, il n’en reste aujourd’hui nul vestige sinon le bénitier qui se trouve au fond de l’église de Barèges. Seule une croix illuminée, portant une inscription, indique aujourd’hui le lieu.

Chapelle du Lienz / Camp Rollot

La construction a débuté en 1932 pour s’achever en 1933. La cloche baptisée « Bernadette » et le clocher datent de 1934. La fresque « retable » de 1948 et la statue de Notre Dame du Oui de 1957

Chapelle de la Glère

Construite par le camp Rollot entre 1960 et 1967, jamais meublée, n’a jamais servi. Devenue bergerie...


Chapelle du Hameau Rollot

Chapelle / Prieuré de Sainte Marie, disparu

Vers 1075, l’Abbé Saint-Bernard de Saint-Savin fonda près du bain royal de Barèges une chapelle dédiée à Saint-Martin.
Le changement de dédicace « Sainte Marie de Barèges » s’explique probablement par une reconstruction au XIIème siècle de cette chapelle qui va devenir le Prieuré de Sainte Marie de Barèges. (Extrait de l’article de Vincent-Raymond Rivière-Chalan / revue Lavedan et Pays Toy n°24 / 1993)

Betpouey

Curieuse petite église du XIIIème, XIVème siècle, profondément remaniée au cours des ages. En particulier elle a été allongée mais pas dans l’axe de l’édifice primitif. Elle est surtout intéressantes pour ses trois retables baroques en bois doré.
Au dessus du maitre-autel nous découvrons la statue de Saint-Laurent, patron de la paroisse entouré de Saint Sébastien et de Saint Jean, complété par deux bas-reliefs en bois sculptés représentant les martyres de Saint-Laurent et de Saint Sébastien.
Les chapelles latérales ont été ajoutées au XVIIIème siècle. Adroite, la chapelle de la Vierge et de Sainte-Catherine, à gauche la statue de Saint-Sébastien avec sa confrérie réservée aux hommes.
A noter l’importance de la tribune du XVIIIème siècle qui en raison de la poussée démographique de l’époque permettait presque de doubler la capacité de l’édifice.
A l’extérieur, le clocher pignon  du XVIème siècle, modifié au XIXème siècle pour permettre l’adjonction d’une horloge, a pu servir de tour de guet comme celui de Sers.


Chèze

Fièrement plantée face au Viscos, l’église Saint-Barthélémy [1] se présente comme un édifice simple, à nef unique débouchant sur une petite abside semi-circulaire. A ce noyau primitif, qui remonte à l’époque romane[2], ont été rajoutés plus récemment une chapelle au nord, la sacristie au sud, et une tour porche à l’occident. La date de 1775 gravée au dessus du porche pourrait correspondre à la dernière phase d’agrandissement de l’édifice.
La nef et le cul-de-four sont couverts d’une voûte en lambris qui n’est manifestement pas d’origine. L’église fut-elle jamais voûtée de pierre comme tant d’autres du pays Toy ? On l’ignore.
L’intérêt principal de l’église réside dans son retable baroque en bois doré et peint. De la niche centrale émerge l’apôtre saint Barthélemy[3] entouré de saint Pierre à gauche, et de saint Paul à droite. Quatre colonnes torsadées richement ornées de pampres et de vignes les encadrent. Au dessus s’étale un large registre céleste au centre duquel trône Dieu le Père tenant le globe à la main. Il est entouré d’anges à demi dénudés portant des palmes. Le tout est couronné de gracieux pots-à-feu.
Au bas de retable est placé un tabernacle orné du Christ en croix entouré de deux saints.
(Article d’ Emmanuel Garland, juillet 2009)

[1] Titulature à vérifier.
[2] L’abside présente deux fenêtres (celle d’axe et au nord) similaires à celles de plusieurs édifices d’origine romane indubitable de la vallée – comme à Sassis ou à Sère – faites d’un calcaire coquillé grossier (qu’ailleurs on qualifierait de tuffeau) bien appareillé. La fenêtre d’axe est à décrochement plat ; celle du nord à simple ébrasement (la fenêtre sud a été agrandie à une époque tardive). En outre l’abside est consolidée par des contreforts eux aussi bien appareillés, en calcaire coquillé – encore une fois similaires à ceux de l’église de Sassis. En revanche il n’y a pas trace de corniche de modillons. Soit la partie haute de l’abside a été reprise, et le voûtement de bois actuel a fait disparaître la corniche, soit ce choix est d’origine. Je penche pour la seconde solution : on aurait alors affaire à une église romane tardive (XIII° s).
[3] du moins est-ce ainsi que je l’identifie…


Esquièze

Église au massif clocher-tour du XVIème siècle à arcades et en pierres apparentes. Une pierre en réemploi, d’origine romane, présente un Christ bénissant très frustre. Sa nef a été remaniée au XVIIe siècle. Le linteau de la porte principale est composé d’un petit chrisme encadré, à gauche, par deux oiseaux buvant dans un calice et à droite par un décor géométrique. Le tout entouré de rosaces, arcatures, rinceaux de palmettes et billettes. À l’intérieur, elle abrite une Vierge en bois sculptée du XVIIIe siècle.

Classée Monument historique depuis 1979


Esterre

Église romane en pierre apparente au clocher-mur massif. Son tympan avec chrisme et frise d’entrelacs remonte au XIIe siècle. Elle abrite une Vierge à l’Enfant assise, en bois polychrome du XIVe siècle. Initialement elle était en bois doré.


Gavarnie

L’église est située en arrivant au village, sur la droite, le long de l’ancienne route de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est ce qu’il reste du prieuré des Hospitaliers, moines de Saint-Jean- de Jérusalem du XIIe siècle.
Ils s’étaient donnée pour but d’abriter les voyageurs, en contrôlant la route de Saint-Jacques au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 m.
L’église actuelle ou N.-D. Du-Bon-Port, date dans sa majorité du XIVe siècle ; la partie la plus ancienne est située dans la chapelle Nord.

L’interrupteur de la lumière est sur la droite. La statuaire rappelle l’importance des lieux pour les pèlerinages vers Compostelle. La statue polychrome de saint Jacques en costume de pèlerin est une reproduction. Ce qui n’est pas le cas des statuettes de pèlerins, près de l’entrée, qui sont du XVIIIe siècle. Dans la chapelle de gauche (la partie la plus ancienne), statue en bois polychrome de la Vierge du Bon Port du XIVe siècle ; elle bénit les pèlerins de sa main droite avec une gourde faite d’une coloquinte et retient Jésus sur son genou gauche. Le retable baroque à colonnes torsadées, avec frise en feuilles d’acanthe et coquilles Saint-Jacques est du XVIIe siècle. Pour les férus d’archéologie : à l’extérieur, vers la venelle située à l’ouest, base d’une ancienne tour carrée qui supportait l’ancien clocher-mur et l’enceinte d’un escalier à vis, éclairé par deux meurtrières. L’ensemble était certainement fortifié.

Notre Dame des Neiges

En 1925, une souscription est lancée pour l’érection d’un monument sur le Turon de Hole à Gavarnie
La statue est l’œuvre du sculpteur Firmin Michelet (architecte M. Andral de Pau)

Gèdre (disparition de la chapelle des Hospitaliers)

Construite à la fin du XIXème siècle, de style néo-gothique, elle remplace la chapelle des Hospitaliers de Saint Jean, qui entourée de son cimetière, occupait la place du monument aux morts du village et une partie de la route moderne qui mène à Gavarnie. La chapelle des Hospitaliers de Saint-Jean a été consacrée en 1627.
Source : Lavedan et Pays Toy N°14 / Guy Pierre Souverville

Grust

Église romane à clocher-mur à deux arcades, elle a subi de nombreuses transformations au XVIIIe siècle. Sous l’auvent de 1731, le petit escalier de droite permet d’accéder directement à la tribune. Le plafond est lambrissé de planches grossières en forme d’ogive

Chapelle Saint-Anne

Héas

Après l’âpreté chaotique de l’accès depuis Gèdre, l’apparition champêtre du vallon d’Héas – du gascon foin, fenaison – ne doit pas cacher les événements tragiques de la longue histoire de son sanctuaire dédié, à Nostra Dometa.
D’abord modeste oratoire d’origine médiévale où se recueillent bergers et voyageurs, « l’Hospital et la Maison Notre Dame » font l’objet de legs dès 1349 et 1415 avant de devenir un prieuré prospère d’obédience locale jusqu’à la Révolution où il est vendu comme bien national. Néanmoins, le culte et les pélérinages reprennent en 1810. L’évêché rachète le sanctuaire en 1884,
Malgré un incendie en 1584, le cataclysme en 1650, les avalanches meurtrières et destructrices de 1600 et du 23 janvier 1915, la chapelle a été reconstruite entre 1715 et 1726, puis enfin en 1925-26 sur le modèle du XVIIIème siècle.

PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITE

Luz

Cette église fut bâtie à la fin du XIème siècle par la famille de Saint-André. C’est pour honorer cette famille que l’église fut dédiée à l’apôtre Saint-André. Au XIVème siècle les descendants de cette famille donnèrent l’église aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; là furent accueillis les pèlerins en route pour Sain-Jacques de Compostelle.
Les Hospitaliers, devenus au XVIème siècle les chevaliers de Malte, après avoir occupé Gavarnie et Héas, entourèrent l’église de remparts pour mettre les villageois à l’abri des bandits aragonais appelés « Miquelets ». La tour dite de l’Arsenal servait alors de dépôt de munitions.
L’appellation « église des Templiers » est donc impropre.
Le chœur de l’église s’orne de 2 tableaux dont l’intéressant « Baptême de Clotilde » offert par M. Juvinal.

Chapelle Saint-Roch

Au XVIIème siècle la chapelle « Notre Dame de la Pitié », fut édifiée, en ex-voto, pour implorer la fin de la peste noire qui ravagea la population en 1650.
Elle abrite maintenant un Musée enrichi de dons des personnages célèbres qui vinrent » prendre les eaux » dans notre vallée : tableau de l’Annonciation et de l’Assomption (XVIIIème siècle) offert par la Duchesse d’Angoulême 1823, Saint-Roch (XVIIème) tableau attribué à Percier disciple de Vouet (1590-1649), lustre offert par le Duc de Nemours mais aussi belle statuaire classée du XIIème et XIVème.
Lors de la restauration du retable, des fragments de fresques du XVème et XVIIème siècle, dont une belle figure de Saint-Jean Baptiste, ont été mis à jour. Un dispositif permet de les découvrir en déplaçant des éléments du retable.

Chapelle Solférino

Solférino, le Père Ambroise et la Croix-Rouge

Dans le centre de la vallée de Luz, visible de toutes parts, se dresse la colline de Solférino qui présente par son histoire des particularités tant religieuses que militaires. Une chapelle et une stèle y sont élevées, cependant que chaque année, vers la fin du mois de juin, s’y déroule une manifestation en souvenir de la bataille de Solférino et en hommage à la Croix-Rouge.
Depuis le XIIème siècle, ce lieu était occupé par un ermitage construit par les chevaliers de Malte en l’honneur de saint Pierre, mais tombé en ruines au cours des âges. Il aurait abrité des moines ou des ermites dont le dernier serait le vénérable père Ambroise : celui-ci était Capucin, de la province de Guyenne, diocèse de Lombez, il exerça son apostolat à Paris puis en Languedoc avant de se rendre pour raisons de santé près de Bagnères au couvent de Médous. Son état ne s’étant guère amélioré, on l’envoya prendre les eaux de Saint- Sauveur où il mourut en odeur de sainteté le 25 octobre 1778. Diverses légendes ou récits racontent son séjour à Luz. (voir l’opuscule sur la Chapelle de Solférino, 1987, éd. Pyrénéennes, de l’Abbé Ferdinand Galan et l’acte de sépulture au cimetière de Luz, signé de Cantonnet, curé). Sa dépouille mortelle fut solennellement transférée sur le plateau le 24 août 1863.

Lors de son séjour à Saint-Sauveur dans les années 1860, Napoléon III découvrit la colline de Solferino, véritable Belvédère et lieu de sa promenade. Devant les ruines de l’ancienne chapelle ainsi que le souvenir du Père Ambroise de Lombez, l’empereur décida de rebâtir le petit sanctuaire et d’élever une stèle en souvenir à la fois de notre religieux et des morts de la bataille de Solférino de 1859. La chapelle baptisée « de Solférino » en souvenir de ces événements donnant ainsi à la colline son nom actuel.

Survenue le 24 juin 1859, la bataille de Solférino opposa les troupes françaises sous le commandement de Napoléon III avec les piémontaises de Victor Emmanuel, d’une part, et les armées de l’Empereur d’Autriche François-Joseph, d’autre part. La bataille fut particulièrement meurtrière avec près de 40 000 morts des deux côtés et des milliers de blessés qui, faute de secours sanitaires ou autres, ne purent être soignés malgré le dévouement des religieuses. Un jeune suisse, Henri Dunan, au soir de ce jour parcouru le champ des combats fut bouleversé par l’effroyable spectacle des corps déchiquetés, des cris de souffrances, des appels au secours des blessés ou encore des cadavres laissés à l’abandon. Il conçut l’idée d’une institution humanitaire internationale qui aurait pour mission et pouvoir d’intervenir pour soigner les blessés de guerre et cela, sans distinction de nationalité. C’est ainsi que « La croix rouge naquit de la Boucherie de Solferino ».
La stèle en mémoire du Père Ambroise de Lombez et de Solférino
Entourée des drapeaux français, italiens et autrichiens lors de la commémoration
Par la suite, après la création de la Croix Rouge et sur ce site qui porte la mémoire de cette bataille et de son créateur Henri Dunan, a été organisée une cérémonie commémorative chaque année au cours du week-end le plus proche de la date du 24 juin jour de la bataille, cette commémoration est organisée par la Croix Rouge Française et sa section des Hautes Pyrénées. Après un rappel des morts des trois pays belligérants à Solférino et l’écoute des trois hymnes nationaux en présence des drapeaux respectifs, une messe ou une prière à leur intention sont dites par le curé de Luz.

La colline devient ainsi un lieu de recueillement, de réconciliation et de paix !
(Article D. H. Laffont. 2008)

Pragnères

La chapelle Saint Roch a été fondée en 1655. Le bénitier porte la date de 1653, l’année de la peste. Au-dessus de l’autel, une statue en bois de Saint Roch. La chapelle a été détruite lors de la crue du 18 juin 2013 .


Saint-Martin-en-Barèges

village disparu suite à l’avalanche de 1601 et disparition de la communauté vers le milieu du XVIIIème siècle


Saint-Sauveur

CHAPELLE IMPÉRIALE

A deux pas des thermes s’arrête en cul de sac la route de Saint Sauveur tout près de l’église actuelle.
Sur cet emplacement avant 1859, date de la venue de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, il y avait une étrange bâtisse appelée « la Rotonde ». Elle avait dû servir de salle de bal pour la clientèle noble du début du XIXème siècle. Il n’était pas rare de rencontrer à la même période une foule de Maréchaux, de Généraux de l’Empire : AUGEREAU, LANNE, NEY et les altesses impériales avec la cour.
Cette rotonde fut aménagée en chapelle dédiée à St Joseph pour la clientèle des curistes et des autochtones qui ne pouvaient se rendre à l’église de LUZ et en revenir ! Il y avait bien un service de chaise à porteurs mais qui ne suffisait pas à la demande.
Passées les heures tragiques de la Révolution et des batailles de l’Empire, c’est sans doute sous la Restauration que se fit sentir le besoin de construire une chapelle.
La population à la période des bains était nombreuse et la vie fort brillante ! Cette vogue venait à coup sûr des séjours fréquents qu’y effectuaient la duchesse d’Angoulême (1823) et la duchesse du Berry (1828).
Tous s’accordaient à reconnaître beaucoup de caractère à cet enclos de paix et de verdure qu’est St Sauveur. Le site était séduisant et attractif ; il semblait défier les lois de l’équilibre, flottant entre les gouffres, gorges et rochers vertigineux. Là s’accrochaient et résistaient avec bonheur les derniers échos du romantisme finissant…
NAPOLEON III et son épouse choqués par le mauvais goût et l’insalubrité qui régnaient à l’intérieur de la « rotonde » s’adressèrent à un architecte protestant M. Boeswildwald pour la construction d’une chapelle plus digne sur le plateau du jardin anglais où elle se dresse actuellement sous le vocable de St Joseph.
Comme remerciements à l’Empereur, les habitants se plaignirent des dimensions de l’édifice qu’ils jugeaient trop petit : « vous m’avez demandé une chapelle, vous avez une chapelle »


Saligos

Située sur un éperon qui domine la vallée, l’église Saint-Pierre de Saligos est d’origine romane.
Sa nef unique débouchant sur une abside semi-circulaire a été par la suite flanquée au nord d’une chapelle de deux travées voûtée d’ogives. L’abside semi-circulaire présente à l’extérieur une corniche soutenue de modillons sculptés. On y voit également la trace de deux fenêtres romanes, aujourd’hui bouchées.
Un large porche – qui porte l’inscription 1620 – couvre les entrées de l’église et de la sacristie, cette dernière étant placée dans le prolongement de la chapelle nord. Le portail de l’église, en pierre taillée, comporte trois voussures qui encadrent un tympan sculpté, au centre duquel trône le monogramme du Christ – sous sa forme trinitaire – entouré des symboles des évangéliste (l’aigle de saint Jean, le lion de saint Marc, le taureau de saint Luc ; l’ange de saint Mathieu, en haut à gauche a été bûché). Il date de la seconde moitié du XII° siècle.
Un second chrisme a été sculpté au dessus de la porte de la sacristie. De belle facture, il est plus récent que celui de la porte principale et pourrait ne dater que de la fin du moyen-âge ou du début des temps modernes.
A l’intérieur la nef principale comporte trois travées séparées par des arcs doubleaux. Le fond de l’abside est occupé par un retable baroque, de la fin du XVII° ou du début du XVIII° siècle, de facture assez banale. Trois grandes figures en ornent le registre médian. Au centre saint Pierre, le patron de l’église, flanqué à droite de saint Paul, avec son épée, et à gauche de saint Thomas, avec son équerre. Au dessus, l’Annonciation. En dessous, sur le tabernacle, l’Annonciation à gauche, le pélican, symbole du Christ au milieu, et la Visitation à droite.
Dans la chapelle latérale, un tableau figurant sainte Catherine d’Alexandrie occupe le mur oriental.
A l’angle nord occidental de la nef se trouvent les fonts baptismaux, avec leurs angles toriques, caractéristiques du pays Toy.
Enfin signalons la présence, sur le mur du porche, d’une curieuse pierre sculptée figurant plusieurs objets liturgiques.
(Article d’ Emmanuel Garland, juillet 2009)


Sassis

C’est une église romane, au plan très simple (il n’y a pas de chapelle), elle possède un joli chevet circulaire en cailloux roulés, ornés de pilastres et d’une corniche à modillons sculptés aussi simples qu’élégants (têtes, motifs géométriques). Son abside présentent les caractéristiques d’avoir deux contreforts plats montant jusqu’à la corniche du chevet. Le portail possède un tympan à chrisme, le clocher pignon deux baies en plein cintre.
Parmi les beaux objets conservés dans cette église et inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques, on remarquera :
- une serrure en fer forgé du XIIIème siècle ;
- un bénitier (ou cuve baptismale) en pierre du XIIIème siècle ;
- Près du portail, une inscription latine de 1294 et un portail gravé relatif à un archiprêtre de Barèges enterré à Sassis avec des membres de sa famille ;
- une statue de Vierge à l’enfant debout en bois peint datant du XIVème siècle ;
- le retable baroque du maitre-autel en bois peint du XVIIIème siècle.


Sazos

Église romane considérée par G. Balencie comme l’une des plus intéressante du Lavedan. Elle possède un beau tympan historié sous une corniche à modillons. Les  six colonnes à base à griffes sont surmontées de chapiteaux représentant des animaux mythologiques : centaure tirant à l’arc sur sur un monstre, deux oiseaux, un sphinx affrontant un bouc… Tympan avec Christ en majesté, entouré des quatre évangélistes. Sous un abri-auvent sont scellées quelques pierres tombales des XVIIIe et XIXe siècles. Le clocher-tour du XVIe siècle percé de deux hautes baies, dont une partie de la base a été murée, possède un toit d’ardoise quadrangulaire surmonté d’un insolite clocheton, genre chimboulet. L’abside est consolidée par trois contreforts plats qui montent jusqu’à la corniche supportée par de frustes modillons. Sur la façade sud, présence d’une fenêtre géminée sans sa colonnette médiane, d’un enfeu du seizième siècle (niche funéraire) avec un sarcophage décoré de sculptures.
À l’intérieur, peintures murales du XIVe au XIXe siècle représentant Adam et Ève. Le retable du XVIIIe est attribué à l’atelier Soustre . (Lavedan et pays Toy – 1978)


Sère-en-Barèges

Longtemps siège d’un archiprêtré, le début se sa construction remonterait au XIème siècle.
Édifice roman à trois nefs, (trois vaisseaux de trois travées voûtées en berceau plein cintre, terminés en trois absides en cul de four). Le décor sculpté est restreint (bandeau intérieur, corniche extérieure, oculus du mur Sud en damiers). Le porche est composé autour du Chrisme central.
Dans l’église, méritent  votre attention :
- la cuve baptismale creusée dans la pierre qui pourrait être d’origine romane.
- le retable de la nef centrale, attribué à Jean Brunelo (fin XVIIème, début XVIIIème) qui a été totalement restauré, notamment par restitution des polychromies originelles. Son panneau principal est consacré à Saint Jean Baptiste, patron de l’église que l’on retrouve dans le haut-relief central (le baptême du Christ) et dans le bas-relief qui le surmonte (Saint Jean Baptiste à l’Agneau).
- le retable latéral (La Sainte Famille) qui a également fait l’objet d’une restauration récente.
- la vierge à l’Enfant.


Sers

L’église Saint-Vincent de Sers est une église romane du XIIème siècle dont subsiste le plan, rythmé par des pilastres, une nef unique couverte d’une voûte maçonnée en berceau et un chœur semi-circulaire. Le clocher-mur à redans, le chevet avec ses pilastres et la corniche à dents d’engrenage en tuffeau témoignent de l’époque de sa construction.
Elle est précédée d’un presbytère qui abrite un porche percé d’une voûte romane. Cet édifice fut remanié au XVIIIème siècle avec la construction de la sacristie, des chapelles voûtées et le percement du chœur.
La tribune avec le garde-corps à balustres en bois tourné, le retable-maitre-autel et le tabernacle de caractère baroque en bois sculpté, polychrome et doré, les trois travées composées de colonnes torses et leur corniche cintrée, la statue de Saint Vincent entourée des statues de Saint-Pierre et Saint-Paul et les statues d’angelots et Dieu le Père en font un ensemble mobilier tout à fait remarquable, complété par des  menuiseries en bois ciré.


Viella

Malgré d’importants remaniements au XVIIIème et XIXème siècles, cette église conserve des traces de son origine romane.
Remarquez le chrisme du XIXème siècle, reproduction d’un chrisme médiévale et la tour clocher-carrée.
A l’intérieur, elle conserve un magnifique retable baroque du début du XVIIIème siècle, un des plus beaux et équilibrés du département. Son architecture est classique et compte trois niveaux.
Dans la niche centrale la statue est celle du patron, un magnifique Saint-Michel en costume antique, terrassant un dragon pittoresque à la grande langue rouge.
Les niches centrales abritent d’importantes statues, à gauche Saint-Pierre, à droite Saint-Paul aux superbes drapés. Au-dessus on remarquera 2 charmantes statues de saintes : à gauche Sainte-Marguerite avec la croix et le dragon, à droite une belle Madeleine en pleurs la tête de mort à ses pieds.
Des chérubins, des grappes de raisins s’enroulent autour des quatre colonnes torses traditionnelles.


Viey

L’église, dont la nef s’élargit sur le coté gauche, est de type roman mais elle a été remaniée au cours des âges; elle est pourvue d’un clocher-mur, où est sculptée la date de 1714 qui rappelle une réfection, celle-ci pourrait être consécutive à une incendie qui aurait ravagé en 1668 le sanctuaire et plusieurs maisons, selon «L’Histoire de la Vallée de Barèges» de l’abbé Abadie (curé de Luz à partir de 1870). Deux cloches portant la date 1896 sont toujours en service manuel. Au dessus de la porte d’entrée, un tympan présente la sculpture d’un chrisme ou monogramme du Christ, assez primitif, accompagné de deux volatiles debout et en vis à vis qui ont l’air de couver un œuf nichant au dessous.
A l’intérieur, le Chœur est fermé par une balustre en bois ouvragé de même style que celle qui court le long de la tribune; le chœur est occupé par un retable intéressant de style baroque (fin XVII – début XVIIIème siècle et récemment restauré) proche par son style de celui des autres églises de la vallée, riche en dorure et en personnages. Le nom de son sculpteur reste inconnu. Mattieu Saulière, dans son ouvrage «Retables des Hautes Pyrénées », (p.47, 2003, éd. Abbaye de Tournay), y voit une œuvre composite réalisée avec un atelier de la vallée qui «pourrait avoir travaillé dans la mouvance de l’atelier Brunelo», cependant que «le tabernacle pourrait être rapproché de l’atelier Soustre pour ce qui est des médaillons et des statues». Celui-ci, de belle facture et qui dispose encore de ses quatre statues (souvent disparues ailleurs), est surmonté d’une fine balustrade dorée et d’une niche d’exposition réservée à la madone tenant l’enfant sur un bras et de l’autre un sceptre, attribut de sa royauté.
Dans la niche centrale du retable, le patron de l’église saint Sylvestre, trône, tiare en tête et croix papale et Bible en mains; il est entouré, selon une coutume répandue, par les apôtres Pierre et Paul. Quatre colonnes torses où s’enroulent des grappes de raisins entourent ces trois statues et, à l’attique, se tiennent quatre anges autour de Dieu le Père, lui-même au centre d’une série de pots à flammes, signes du feu divin.

Villenave


Viscos

Petite église bien pauvre sans grand intérêt par rapport aux églises romanes aux superbes retables baroques du Lavedan. Elle est bien la représentante du proverbe qui disait jadis : « Qué baou mès esta crabè a Agos que curé à Viscos (Il vaut mieux être berger à Agos que curé à Viscos ». Clocher-mur à redents dont l’entrée est protégée par un regrettable abri surdimensionné. Il protège un chrisme archaïque qui est présenté comme un soleil avec ses rayons. Petit retable du XVIIIe siècle. (J.Omnes)


Vizos

Église romane du XIIème siècle :  l’édifice est simple, demi-cercle pour le chevet, rectangle pour la nef surmontée à l’ouest d’un clocher pignon à redans.
L’intérieur étonne par son décor baroque du retable et du tabernacle (XVIIème et XVIIIème siècles). La feuille d’or et les peintures de fleurs et rinceaux mettent en valeur cet ouvrage en bois sculpté.
Saint-Michel, patron du lieu, trône au centre avec la balance du jugement dernier et le dragon terrassé. Il est entouré de Saint-Pierre à gauche et Saint-Sébastien à droite. Au-dessus Dieu le Père nous accueille dans sa demeure. De jolis pots à feu se dressent au sommet comme sur les colonnes torses.
La restauration de cet édifice, sous couvert des Bâtiments de France (de 1991 à 1996), ainsi que celle de la fontaine sur la même place, remarquable par la tête d’homme dont la chevelure est constitué de feuilles et d’épis de maïs, marquent l’intérêt et l’attachement des villageois à leur patrimoine.


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